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Représentation des dangers et définition des risques sanitaires dus à l’installation d’Aèdes Albopictus dans les territoires métropolitains

Face à l’accroissement objectif des risques infectieux – notamment de dengue et de chikungunya – associé à l’implantation de moustiques tropicaux, vecteurs potentiels de ces infections, dans les zones littorales métropolitaines, il apparaît de plus en plus urgent et nécessaire de mieux comprendre les facteurs multiples de vulnérabilité – en particulier cognitifs, sociaux et comportementaux – et de résilience en cas d’épidémie d’arboviroses de manière à pouvoir développer dans le futur proche des politiques de prévention mieux adaptées et plus efficaces auprès des populations exposées .

Dans le cadre de ce projet de recherche, le concept de « résilience » auquel nous nous référons permettra de rendre compte de la dynamique de situations construites à partir d’événements remarquables, comme l’installation d’un moustique vecteur ou le surgissement d’une épidémie liée à ce moustique

Nous fondons notre hypothèse de travail sur le fait que la réponse sociale à un risque sanitaire ne dépend pas seulement des croyances et des comportements des individus mais aussi de ceux de leur entourage et des interactions avec les professionnels de santé et que les représentations associées aux maladies vectorielles sont également dépendantes des savoirs et des rapports que les populations ont de leur environnement et leur milieu de vie.

Compte-tenu de l’implantation estimée durable des « moustiques tigres » sur le territoire français métropolitain, et la potentialité d’un risque épidémique, nous avons conçu un programme de recherche de SHS qui prend en compte la temporalité (dynamique temporelle) du processus et dont l’un des objectifs sera d’éclairer l’action publique sur la capacité des populations et des professionnels à gérer ce risque émergent.

La recherche s’appuie sur la complémentarité d’approches en SHS et sera réalisée avec l’appui des entomologistes et des experts du Centre National d’Etudes des Vecteurs (CNEV) et des collègues de l’OHM littoral méditerranéen avec lesquels existent déjà des collaborations. Elle reposera d’une part sur des monographies, des entretiens réalisés auprès de la population, des professionnels de santé, des acteurs en charge de la LAV ou des politiques sanitaires et d’autre part sur des enquêtes quantifiées par sondages initiaux ou répétés.

Il s’agit d’un projet prévu sur 24 mois et coordonné par Daniel Bley, qui s’articulera autour de trois équipes UMR 7300 ESPACE /CNRS, Aix-Marseille universités, UMR 190/AMU/EHESP (resp. Jocelyn Raude), IHT/université de Nantes (resp. Dominique Pecaud)qui abordent l’étude des interfaces environnement/santé en privilégiant, à des titres divers, les questions de la spatialisation et des stratégies adaptatives.

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