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Elision mais inexorabilité du risque : quelle résilience face à la pollution des sols dans les territoires industriels ?

La recherche EMIR prend au sérieux la notion de résilience en la questionnant de trois points de vue : d’une part, en prenant en compte les perturbations de temporalité lente qui affectent un territoire et les réponses qui sont apportées (ou non) à ces perturbations prises dans un système d’appréhension globale des dynamiques économiques et sociales ; d’autre part, en s’intéressant à des perturbations « discrètes » qui ne font l’objet d’aucune mobilisation ou de mobilisation(s) peu lisible(s), peu efficace(s), non entendue(s) – le caractère résilient d’un territoire étant souvent déduit de modifications, de signes visibles d’adaptation à des phénomènes de crise tout aussi visibles – et, enfin, en envisageant des formes de résilience passive qui conduisent à des situations territoriales dégradées et amènent à interroger un référentiel implicite de la « bonne » réaction et/ou capacité d’action territoriale.

Pour ce faire, nous nous intéressons à des configurations territoriales « déqualifiées » d’un double point de vue économique/social et écologique/technologique, celles des villes de première industrie et, en leur sein, celles des sites contaminés jusque-là délaissés mais qui inquiètent aujourd’hui les acteurs de l’aménagement, les obligeant parfois à développer des techniques de remédiation acceptables d’un point de vue environnemental, paysager et économique, et aussi du point de vue des populations riveraines. La longue discrétion de l’enjeu de pollution des sols des territoires étudiés est-elle le signe d’une résignation ou d’un accommodement des acteurs habitant ces zones, y exerçant une activité économique ou encore responsables de leur gestion ? Comment s’est-on débrouillé jusque-là ? Au fond, cet avènement du « risque » – ou à tout le moins du « problème » – généré par la pollution des sols change-t-il quelque chose à l’appréhension locale de l’(la) (dés)industrialisation et surtout aux capacités de mobilisation et d’action des acteurs concernés ?

Nous investissons quatre terrains pour répondre à ces questions : trois en région stéphanoise (le quartier de Terrenoire à Saint-Etienne, Rive-de-Gier, Le Chambon-Feugerolles) où la question des sols pollués n’a fait l’objet d’aucune étude globale mais surgit quotidiennement pour les acteurs urbains de cette ancienne région industrielle, et un au Royaume-Uni (Swansea, Wales).

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